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Affaire Labouré-Roi, le jour où la Bourgogne fait face à un scandale viticole

Affaire Labouré-Roi, le jour où la Bourgogne fait face à un scandale viticole

Jean de Leusse 23 March 2026

L'affaire Labouré-Roi a ébranlé le monde du vin de Bourgogne. Retour sur un scandale viticole qui a mis en lumière les dérives possibles d'un secteur pourtant synonyme d'excellence.

L'affaire Labouré-Roi a marqué un tournant dans l’histoire récente du vin en Bourgogne. Maison de négoce fondée en 1832 à Nuits-Saint-Georges, Labouré-Roi bénéficiait d’une solide réputation en France et à l'international. Mais entre 2005 et 2009, cette institution s’est retrouvée au cœur d’un vaste scandale de fraude viticole, mêlant étiquetages mensongers, contournement des règles d'appellation et manipulation de volumes.

C’est en 2011 que des anomalies sont détectées par les services de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Des volumes déclarés ne correspondent pas aux stocks, et des bouteilles portant certaines appellations ne répondent pas aux critères exigés par les cahiers des charges AOC. En août 2012, quatre cadres de l’entreprise, dont les dirigeants Armand et Louis Cottin, sont placés en garde à vue. L’enquête révèlera que près de 1,6 million de bouteilles seraient concernées par des pratiques frauduleuses.

Parmi les faits reprochés : mélanges non autorisés de vins d’origines différentes (fraude dite « à la coupe »), utilisation de médailles fictives ou non méritées, étiquetage trompeur avec des vins de table vendus comme vins AOC, ou encore création artificielle de volumes en trichant sur les rendements. L’objectif était clair : maximiser les profits sur des marchés internationaux très demandeurs de vin français, en particulier les États-Unis.

Au-delà de Labouré-Roi, c’est toute la filière viticole de Bourgogne qui a été touchée. Ce scandale a suscité une vague de méfiance chez les distributeurs, restaurateurs et consommateurs. Les appellations bourguignonnes, synonymes de qualité et d’authenticité, ont vu leur image ternie.

La profession a dû réagir : plus de transparence, renforcement des contrôles, meilleure traçabilité des lots, et communication proactive pour regagner la confiance perdue.

 

L'affaire Labouré-Roi est un électrochoc pour la viticulture française. Elle rappelle que la notoriété d’une région ou d’une maison ne doit jamais justifier la complaisance. Grâce à cette crise, la Bourgogne a pris des mesures pour renforcer l’intégrité de ses pratiques, protéger ses appellations, et restaurer la confiance des amateurs de vin à travers le monde.

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