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La Côte de Nuits et le Roi Soleil : une prescription royale

La Côte de Nuits et le Roi Soleil : une prescription royale

Jean de Leusse 23 March 2026

Louis XIV lui-même aurait reçu les vins de la Côte de Nuits sur ordonnance médicale. Découvrez comment les Grands Crus bourguignons ont soigné le Roi Soleil et conquis la cour de Versailles.

Au XVIIe siècle, la Bourgogne viticole connaît un tournant décisif grâce à une ordonnance médicale singulière. En 1693, Guy-Crescent Fagon, premier médecin de Louis XIV, prescrit au monarque le vin de Nuits-Saint-Georges pour améliorer sa santé. Fagon, également botaniste renommé, estime que ce vin, issu de la Côte de Nuits, possède des vertus thérapeutiques supérieures. Il décrit le vin de Bourgogne comme ayant une "douceur veloutée" qui "touche mollement la langue et est douce pour les nerfs", facilitant ainsi la digestion sans hâte. 

Cette prescription, surnommée "l'Ordonnance de Fagon", marque un désaveu pour le champagne, alors considéré comme trop acide et moins bénéfique. La recommandation royale propulse les vins de la Côte de Nuits, notamment ceux de Nuits-Saint-Georges, sur le devant de la scène. Les vignerons de la région saisissent cette opportunité pour promouvoir leurs crus, renforçant ainsi leur notoriété.

L'influence de cette ordonnance dépasse les frontières de la cour. Elle engendre une controverse entre les partisans des vins de Bourgogne et ceux du champagne. Des pamphlets et thèses médicales sont publiés, chacun défendant les mérites de leur vin favori. Cette rivalité contribue à l'essor de la Bourgogne viticole et à l'établissement de sa réputation. 

Aujourd'hui, la Côte de Nuits est reconnue pour ses grands crus prestigieux, tels que Gevrey-Chambertin, Vosne-Romanée et Nuits-Saint-Georges. Cette anecdote historique illustre comment une décision médicale a pu influencer durablement la perception et la renommée d'une région viticole.

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