Quand on évoque les vins blancs de Bourgogne, on pense d'abord au chardonnay, roi incontesté de Chablis à Meursault. Pourtant, la région cultive depuis des siècles un second cépage blanc, plus discret mais terriblement attachant : l'aligoté. Longtemps relégué aux terrains les moins prestigieux et associé à un simple vin de comptoir, il vit aujourd'hui une véritable renaissance qualitative. Voici l'histoire d'un cépage bourguignon que l'on redécouvre avec plaisir.
Un cépage de caractère, vif et minéral
L'aligoté donne des vins blancs secs, à la robe pâle et brillante, reconnaissables à leur belle acidité et à leur allant. Le nez évoque les agrumes, la pomme verte, parfois la fleur blanche et une note citronnée très rafraîchissante. En bouche, il se distingue par sa vivacité et une minéralité franche, surtout lorsqu'il pousse sur de beaux coteaux calcaires.
C'est un vin de soif au meilleur sens du terme : désaltérant, droit, sans lourdeur. Sur les terroirs les plus favorables et entre les mains de vignerons attentifs, il gagne en profondeur et en tension, loin de l'image un peu rustique qui lui a longtemps collé à la peau.
Le Kir, une tradition dijonnaise
Impossible de parler d'aligoté sans évoquer le Kir, ce célèbre apéritif né à Dijon. La recette est d'une simplicité désarmante : un fond de crème de cassis de Bourgogne complété de vin blanc bien frais, traditionnellement de l'aligoté. L'acidité du vin équilibre à merveille la douceur et le fruité du cassis, pour un apéritif à la fois gourmand et rafraîchissant.
Devenu un symbole de la convivialité bourguignonne, le Kir se décline à l'envi (Kir royal avec des bulles, variantes aux autres liqueurs de fruits), mais c'est bien avec l'aligoté qu'il puise ses racines et son équilibre le plus juste.
Bouzeron, le village de l'aligoté
Si l'aligoté peut être planté un peu partout en Bourgogne sous l'appellation régionale Bourgogne Aligoté, il possède aussi son propre village dédié : Bouzeron, en Côte Chalonnaise. C'est la seule appellation communale de Bourgogne réservée exclusivement à ce cépage, preuve que sur les bons coteaux, il mérite pleinement une reconnaissance à part entière.
Les aligotés de Bouzeron se montrent souvent plus amples, plus structurés et plus profonds que la moyenne, avec une capacité à évoluer joliment sur quelques années. Ils incarnent à merveille ce renouveau qui pousse de plus en plus d'amateurs à porter un nouveau regard sur ce cépage.
Un renouveau bien mérité
Portés par une nouvelle génération de vignerons et par la recherche de vins plus frais et digestes, les aligotés d'aujourd'hui sont souvent soignés comme de vrais vins de terroir : vendanges à bonne maturité, vieilles vignes préservées, élevages plus attentifs. Le résultat séduit ceux qui cherchent un blanc de Bourgogne authentique et abordable.
Comment le déguster ?
Servi frais, autour de 8 à 10 °C, l'aligoté est un compagnon de table idéal. Il fait merveille à l'apéritif, mais aussi sur les grands classiques de la cuisine bourguignonne : escargots au beurre persillé, gougères tièdes, jambon persillé. Sa vivacité en fait également un partenaire de choix pour les fruits de mer, les poissons de rivière ou une simple assiette de fromage de chèvre frais.
Au Cellier Morvandiau, nous aimons remettre l'aligoté à sa juste place : celle d'un cépage sincère, plein d'énergie et furieusement bourguignon. Laissez-vous tenter par nos vins blancs pour le découvrir sous son meilleur jour, et poussez la curiosité jusqu'aux belles cuvées de Bouzeron, où l'aligoté révèle toute sa noblesse.