Ils sont séparés de trois kilomètres, ils travaillent le même cépage, ils appartiennent à la même Côte de Beaune. Et pourtant, Meursault et Puligny-Montrachet donnent des vins qu'on ne confond pas. C'est l'un des exemples les plus parlants de ce que veut dire « terroir » en Bourgogne.
Meursault : la rondeur
Meursault donne des blancs amples, gras, enveloppants. Le registre aromatique tourne autour du beurre frais, de la noisette grillée, du miel, parfois de la brioche. La bouche est large, généreuse, et l'acidité se fait discrète derrière la matière.
C'est un vin qui séduit vite, y compris ceux qui ne connaissent pas la Bourgogne. Il se boit plus jeune que son voisin et pardonne davantage. Voyez nos Meursault.
Puligny-Montrachet : la tension
Puligny joue exactement l'inverse. Les vins sont droits, ciselés, cristallins, portés par une acidité nette et une minéralité presque saline. Les arômes vont vers les agrumes, la fleur blanche, la pierre à fusil.
C'est un vin plus exigeant, souvent fermé dans sa jeunesse, qui demande de la patience. Mais sa précision et sa longueur en font, pour beaucoup d'amateurs, le sommet du chardonnay mondial. Voyez nos Puligny-Montrachet.
D'où vient la différence
Essentiellement du sol et du drainage. Puligny repose sur des calcaires plus maigres et caillouteux, avec une nappe phréatique proche qui empêche la vigne de trop s'enfoncer ; la vigne y souffre davantage et donne des raisins plus tendus. Meursault a des sols plus profonds, plus argileux, qui nourrissent mieux et donnent une matière plus opulente.
À cela s'ajoute l'élevage : la tradition meursaltienne accepte volontiers un boisé plus marqué, qui accentue encore la sensation de gras.
Lequel pour quel plat
Sur une volaille à la crème, un chapon aux morilles, un fromage à croûte lavée ou un poisson en sauce riche, prenez un Meursault : sa rondeur répond à la richesse du plat.
Sur des coquilles Saint-Jacques, un poisson vapeur, des crustacés, un carpaccio, prenez un Puligny : sa tension relève la délicatesse au lieu de la couvrir.
Et Chassagne-Montrachet ?
Le troisième village de ce triangle est souvent le meilleur achat. Chassagne se situe entre les deux styles (un peu plus de chair que Puligny, un peu plus de nerf que Meursault), et ses prix restent généralement plus abordables à niveau équivalent. Voyez nos Chassagne-Montrachet.
Notre conseil
Si vous découvrez ces appellations, commencez par un Meursault village : il est plus immédiatement lisible, et il vous donnera le vocabulaire. Passez à Puligny ensuite, quand vous chercherez la précision plutôt que le confort.
Et dans les deux cas, ne servez pas trop froid : 12 °C, pas 8. Un grand blanc de Bourgogne servi glacé ne montre rien de ce qu'il est.
Au Cellier Morvandiau, nous travaillons avec des vignerons des deux villages. Parcourez nos vins blancs, ou venez les goûter côte à côte au caveau : c'est la seule façon de vraiment comprendre l'écart.