Il n'y a pas de limite visible entre Volnay et Pommard : les vignes se touchent, le sol change de quelques mètres en quelques mètres. Et pourtant, aucun amateur ne confond leurs vins. C'est le plus bel exemple de contraste rapproché de toute la Côte de Beaune.
Volnay : la finesse
Volnay donne des rouges fins, aériens, floraux. On y trouve la violette, la framboise, la cerise fraîche, portées par des tanins soyeux et une trame élégante plutôt que puissante. C'est souvent le pinot noir le plus délicat de la Côte de Beaune.
Ce n'est pas un vin faible pour autant : les meilleurs premiers crus tiennent quinze ans et plus. Mais leur force est dans la précision, pas dans la masse. Voyez nos Volnay.
Pommard : la charpente
Pommard est son opposé exact. Les vins sont denses, tanniques, charnus, sur le fruit noir, la réglisse et parfois une note animale. La structure est ferme, presque austère dans la jeunesse, et demande du temps pour se fondre.
C'est un vin de garde et de gastronomie, taillé pour les viandes rouges et les plats mijotés. Voyez nos Pommard.
Ce qui les sépare : l'argile
La différence tient au sol. Pommard repose sur des terres plus argileuses et plus riches en fer, qui donnent au pinot noir de la matière et des tanins. Volnay est sur des calcaires plus maigres et mieux drainés, qui produisent des vins plus légers de constitution mais plus précis d'expression.
À cela s'ajoute l'exposition : les meilleurs coteaux de Volnay sont un peu plus pentus, donc plus drainants encore.
Lequel pour quel plat
Un Volnay demande de la retenue en face : volaille rôtie, veau, canard, champignons, un fromage doux. Un plat en sauce lourde l'écrase.
Un Pommard réclame l'inverse : bœuf, gibier, viandes braisées, plats mijotés. C'est le rouge du dimanche d'hiver. Sur un poisson ou une volaille délicate, il fait de la peine.
Quand les boire
Un Volnay village est agréable dès trois ou quatre ans ; un premier cru s'ouvre vers six ou huit. Un Pommard demande systématiquement plus : comptez cinq ans minimum pour un village, huit à dix pour un premier cru. Ouvrir un Pommard jeune, c'est se priver de tout ce qu'il deviendra.
Notre conseil
Si vous hésitez, posez-vous une seule question : qu'y a-t-il dans l'assiette ? C'est le plat qui décide, pas la préférence de principe. Et si vous voulez comprendre l'écart une bonne fois, achetez une bouteille de chaque du même millésime et ouvrez-les le même soir. C'est une leçon de terroir en deux verres.
Au Cellier Morvandiau, nous tenons les deux villages, en village comme en premier cru. Parcourez nos vins de la Côte de Beaune ou venez en parler au caveau.